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Sing like the Irish

Behind the Destination

Retour aux origines du parfum Irish Leather

Voici l’histoire de ma naissance.
Deux forces créatrices se sont rencontrées
Et leurs ingrédients firent de mon essence
Un souvenir, un parfum, un rêve lointain
De l’Irlande, ô libre, sauvage et verdoyante contrée.

 

Chère Memo, 

Voici l’histoire de ma naissance. Il y a cinq ans de cela, j’errais, libre et indompté, à travers les plaines et les massifs irlandais, attendant d’être capturé.

C’est dans le Golden Vale, le long du fleuve Suir qui traverse le comté de Tipperary, que je rencontrai Clara. Elle rêvait d’une fragrance cuirée inspirée de l’île d’émeraude, contrée natale de son époux John. Elle se tourna vers Alienor Massenet, nez et créatrice de philtres enchantés. Alienor se remémora son premier périple en Irlande, un voyage de 100 km du sud de l’île jusqu’au Connemara plus à l'ouest.

L’air de la campagne. La verdoyante fraîcheur émanant des champs émeraude. La brise iodée soufflant depuis l’Atlantique. Autant d’effluves qui embaumaient ses souvenirs, lui inspirant les notes de mon cœur.

« Je souhaitais capturer cette fraîcheur et retranscrire l’allure sauvage des paysages », raconta Alienor. « L’essence de genévrier crée cette note de tête masculine et très cristalline, tandis que l’absolue de maté vert confère profondeur et dimension au parfum. »

Dans sa composition, Alienor glissa également une pointe de musc et une note d’ambre, sèche, afin d’ajouter une touche moderne. Mais la pièce maîtresse de la fragrance, c’est mon âme de cuir, un accord qu’Alienor élabora en mariant plusieurs ingrédients, dont l’essence de styrax et le labdanum.

Une note verte danse à ma surface. C’est l’émeraude de l’Irlande. Je suis Irish Leather, parfum créatif, intense et pur.

Si mon cœur est de cuir, telle est l’odeur qui enveloppe l’âme de John et des autres Irlandais qui ont grandi entourés des chevaux. C’est l’effluve des rênes que les doigts entrelacent, c’est la douceur de la selle que réchauffe le dos brûlant des chevaux.

Ces créatures fières et dociles imprègnent la culture et la mythologie irlandaises. Selon la légende d’Oisín, ce guerrier Fianna retourna en Irlande après avoir vécu 300 ans dans le pays de la jeunesse éternelle, Tír na nÓg, où 30 années seulement s’étaient écoulées.

Sa femme, une fée appelée Niamh Chinn Óir, lui prêta son cheval blanc pour accomplir ce voyage mais le mit en garde : jamais il ne devait toucher le sol, sans quoi les années le rattraperaient. Ce mythe fatidique est conté par Clara dans un ouvrage qu’elle créa pour moi et que l’artiste Philippe Baudelocque illustra de ses dessins.

Sur les photographies que prit Bill Phelps pour Irish Leather, le cheval blanc de Niamh semble réapparaître devant le château de Lismore. « J’ai aperçu ces chevaux sur la colline avec le château pour toile de fond. Ils étaient là à s’amuser et j’ai pu saisir cet instant grâce à mon appareil », relata le photographe américain à propos de ses clichés. 

De l’Irlande, il garde le souvenir de l’atmosphère et de la pluie. « Je me rappelle avoir eu des vertiges, comme si la quantité d’oxygène et la pureté de l’air les avaient provoqués. Les gouttes de pluie étaient semblables à des grains de raisin pulpeux. Les paysages y sont accidentés et sauvages, et à la fois si incroyablement verdoyants et luxuriants. »

Les effluves nostalgiques des feux de tourbe l’accompagnèrent dans ses excursions. Ces briques de terre boueuse, également connue sous le nom de turf, sont extraites depuis des siècles en Irlande pour remplacer le bois de chauffage.

Les souvenirs du jour où Clara m’a rencontré sont ceux de la pluie et de la légèreté qui régnait alors dans l’air. « La pluie nettoie et purifie le paysage. Si elle a des allures d’anomalie, elle apporte en réalité une certaine gaieté, car elle ne dure jamais bien longtemps. Elle se révèle être une grande source d’inspiration pour les amateurs de notes vertes. C’est la jungle sans la jungle. »

À propos de moi, elle déclara : « Irish Leather, tu as été créé pour exhaler cette gaieté. Tes notes résonnent. Tu tournes et virevoltes ; tu surgis et disparais. Tu es un parfum nomade. Tu es verdoyant, foisonnant et complexe. À la fois classique et vintage. Tu es un parfum fait pour durer. »

Certaines versions de la fable celtique racontent qu’avant de mourir, Oisín reçut la visite de Saint Patrick. C’est pourquoi sa fête nationale est célébrée ce mois-là. Quant au cheval d’Oisín, il s’en serait retourné à Tír na nÓg, ce pays mystique de la jeunesse éternelle. Ainsi, j’ai bon espoir, à l’instar de ce cheval, d’entrer à jamais dans la légende.

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